「ニュースの三角測量」

ニュースを日英仏の3つの言語圏の新聞・ラジオ・TVから読んでいきます。アジア、欧州、アメリカの3つの地点から情報を得て突き合わせて読むことで、世界で起きていることを立体的かつ客観的に把握できるようになります。それは世界の先行きを知ることにもつながると思っています。時々、関連する本や映画などについても書きます。

「パンデミックで悪化した階級間の壁 ~フランスにおける新型コロナ感染症対策の自宅閉じこもり違反者の報道から~ 8回目」 ソフィー・ビュニク 「Des barrières entre classes aggravées par la pandémie. À propos de la médiatisation du non-respect des mesures de confinement en France 8」par Sophie Buhnik

 (ソフィー・ビュニクさんのエッセイの続き 8回目)

 

 最後に、この件について最も興味深く、真相暴露的だったのはインターネットユーザーたちが作った料理のパロディだった。スキャンダルで一番衝撃を与えたものの1つが、料理の値段とメニューとの乖離である。個人用の昼食か夕食のメニューで、1食分が飲み物なしで450ユーロ(約58000円)まで。しかもシェフのクリストフ・ルロイが運んでくる料理というのがまた醜いのだ。インスタグラムの写真で見ることができたなら私の言っていることが信じていただけるだろう。約20年来、ある程度は日本の懐石料理の成功の影響もあろうが、またケミカルな食材を含んだものやオーガニックな食材を使ったスペインのシェフアドリア・フェランによる料理などのおかげをもって、星つきのフランスのレストランは伝統料理も新しい創作料理も、その皿の上の並べ方( あるいは「ドレサージ」(組み立て)に異様な努力を費やしてきた。富裕層の人々の味覚への期待は「食餌療法」の基準に移行しており、彼らの購買力がUPすることによって、メニューの価格も高騰しているのだ。もはや単なる食事ではなく、体験(それは「リッチな体験」と呼ばれている)が問われているのである。こうした進化に比べてみると、ベルエポック(1880-1910)の間に確立されたフランスのビストロ料理は、カロリー的にも視覚的にも重く見えた。

 素晴らしいレストランはますます洗練された準備や調理技術を使用するチームの助けを借り、メニューを1枚一枚の皿における一連の「パフォーマンス」に変えた。星つきレストランで撮影された料理の写真がインターネットで拡散され、国際的な競争も激化した。2010年代にはこうしたメニューが市場で飽和状態にまで達したのだった。

 これらの要求に直面し、インターネットユーザーたちが笑ったように、クリストフ・ルロイが販売する料理は醜さによって際立った。コショウの真ん中の乾燥したウミヒゴイ、トリュフのスライスは大まかに切られ、他の非常に高価なものの上に置かれていた。たとえばクリーミーなソースに溺れたロブスターなどなど…その後、学生や若年労働者たちは、以下に示すように、同じくらい食欲をそそる自家製のパスタを100ユーロまたは150ユーロで販売すると申し出た。

https://twitter.com/TomMcfly1955/status/1380848125569605633

https://twitter.com/AdrienGron/status/1380586303851483140

https://twitter.com/Tnerolfueven/status/1382040184242511874

 

ソフィー・ビュニク(地理学者)

Sophie Buhnik 

 

ソフィー・ビュニク氏(地理学者)

 

 ( 原文対応箇所)

 

Enfin, une des réactions les plus intéressantes et révélatrices face à cette affaire provient des parodies de plats faites par les internautes. L’un des points les plus choquants du scandale réside en effet dans l’écart entre les prix des menus qui auraient été proposés lors de ces déjeuners ou dîners privés (jusqu’à 450 euros sans les boissons), et la laideur des plats servis par le chef Christophe Leroy, si l’on en croit ses photos Instagram. Depuis une vingtaine d’années environ, en partie sous l’influence du succès croissant de l’esthétique kaiseki japonaise et de la cuisine chimique et/ou organique pratiquée entre autres par Adrià Ferran en Espagne, les restaurants français étoilés ont réalisé des efforts énormes pour améliorer la disposition (ou « dressage ») de plats traditionnels ou modernes. Les attentes en matière de goût des classes supérieures ont évolué vers des critères plus « diététiques », et la hausse de leur pouvoir d’achat agit à la hausse sur les prix des menus, qui ne vendent plus seulement un repas, mais une expérience (ce qu’on appelle le luxe expérientiel). Par rapport à ces évolutions, la cuisine française de bistrot qui s’est établie lors de la Belle époque (1880-1910) apparaissait plus lourde, à la fois caloriquement et visuellement. Les grands restaurants, à l’aide d’équipes utilisant des techniques de préparation ou de cuisson de plus en plus sophistiquées, transforment ainsi les menus en une série de « performances » qui éclatent à chaque assiette, jusqu’à atteindre un excès dans les années 2010, sous l’effet d’une compétition internationale exacerbée par la transmission d’images prises dans les restaurants étoilés sur internet.

 

Parmi les principaux effets socio-économiques de cette émulation entre « chefs », il est nécessaire d’embaucher un personnel nombreux et bien formé qui peut travailler jusqu’à 16 heures par jour en cuisine pour servir à grande vitesse des plats artistiquement présentés. Par ailleurs, si les salles ne sont pas remplies à au moins 70 % et que les clients ne commandent pas de vins de grand cru ou des alcools précieux, ces restaurants classés au guide Michelin ne sont pas rentables. Dans le sillage d’Alain Ducasse, Joël Robuchon, Adrian Ferrand ou le boulanger Pierre Hermé, les chefs qui acquièrent une reconnaissance internationale ouvrent leur boutique en ligne, participent à des émissions télévisées, etc., pour diversifier leurs sources de revenus.

 

Face à ces exigences, et comme les internautes s’en sont moqué, les plats vendus par Christophe Leroy se distinguent par leur laideur : des rougets secs perdus au milieu de poivrons, des tranches de truffes grossièrement coupées et posées sur d’autres aliments très chers, comme une langouste noyée dans une sauce crémeuse… Des étudiants ou jeunes travailleurs ont alors proposé de vendre 100 ou 150 euros les pâtes tout aussi appétissantes qu’elles ou ils cuisent chez eux, comme on le voit ci-dessous.

https://twitter.com/TomMcfly1955/status/1380848125569605633

https://twitter.com/AdrienGron/status/1380586303851483140

https://twitter.com/Tnerolfueven/status/1382040184242511874